lundi 26 septembre 2016

Again on this old way to a new life : les chemins des Huguenots

Si les voies  européennes qui mènent vers  Compostelle ont retrouvé un engouement avec la fréquentation des pèlerins du XXIe siècle, il est utile de se souvenir aussi d'autres trajets, certes moins anciens, mais qui ont leur poids d'histoire: Les Chemins des Huguenots.

Les persécutions (quelles qu'elles soient), les difficultés économiques, 
jettent sur les routes, des individus solitaires, ou des familles entières,  qui n'ont guère eu d'autre choix que "la fuite ou la mort".  Le XVIe siècle  a bien connu ce triste phénomène.  Après avoir étudié les conséquences de ces arrivées en nombre en maints pays d'Europe,  l'Histoire se penche depuis peu sur les trajets et les moyens empruntés. Et ce sont des pans entiers d'ethnologie qui resurgissent, donnant un sens à des constats actuels  : origine de certains us et coutumes, étymologie de mots restés en vigueur dans le langage, usage  de noms (de lieux, de personnes),  essor économique,  importation de savoir-faire artisanaux ou industriels...   Autre domaine qui a contribué à l'étude de ces pérégrinations : la généalogie. En effet, la recherche d'ancêtres  dans un arbre familial, nécessite souvent certains "voyages" (à travers:  les cartes géographiques, les états civils et archives diverses, sur les lieux-mêmes, ...). Le tourisme qui s'empare de cette nouvelle déambulation, n'en occulte pas les nombreux aspects. Le pèlerin ( car il s'agit bien d'un pèlerinage) est avant tout animé par l'esprit de famille, mais également guidé par  l'affectif,   la curiosité, l'attrait de la randonnée, des rencontres, des indications à glaner, d'une coupure avec le quotidien afin de rechercher ses racines.

Les Huguenots du XVIe siècle (et des siècles suivants), qui ont choisi l'exil, ont emprunté plusieurs voies:
-  la mer (par bateau :" la rude épreuve de la traversée" 60 jours pour se rendre de France au Canada),
- ou la terre ( à pied (env 20 à 30 km /jour) , à cheval (env 40 à 50 km /jour) , en chariot ou charrette, ou le rapide coche (env 100km /jour...) pour rejoindre les pays du "Refuge". (Suisse, Angleterre, Irlande, Allemagne (60 000), Hollande, Suède, Amérique du Nord, Afrique du Sud., Australie.).
Apportant des techniques (créations de manufactures),  des connaissances (scientifiques, militaires, artisanales, pédagogiques..) les Huguenots ont eu à cœur de s'intégrer aux cercles  professionnels, aux confréries, et aux  classes sociales qui les accueillaient.   
Dans chacun de ces divers   états  du Refuge on trouve encore  trace de ces mouvements de population. Certains monuments érigés en souvenir l'attestent. Mais l'époque contemporaine fait revivre ces épisodes mouvementés  à la lumière des faits historiques,  et des adaptations modernes,  plus touristiques, des sentiers( gîtes, muséographie, présentation touristique...).
Le grand Electeur accueillant les Huguenots
Pour en savoir plus :
- Article à lire sur ce même blog :
http://international-culture-blog.blogspot.fr/2013/03/813-2013-santiago-de-compostela.html
- ou sur le net : en France  (de la Drôme à l'Allemagne)
http://www.sentiersdefrance.fr/accueil_fr.php?id=252
http://www.surlespasdeshuguenots.eu/
http://www.refuge-huguenot.fr/histoire.php
- en Allemagne (Auf den Spuren der Hugenotten und Waldenser)
http://www.hugenotten-waldenserpfad.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=55&Itemid=60 
- en Suisse :
http://stiftung-via.ch/_upload/file/i_20121116-153234-705.pdf 

-Ouvrages :













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mercredi 14 septembre 2016

Jazz funeral in New-Orleans


La Nouvelle Orléans (USA) est  connue  comme un lieu emblématique de musique typique, et symbolique d'un genre éponyme. Mais la Louisiane est également célèbre pour un autre style musical, assez particulier : le jazz funéraire. 
Au-delà de la croyance, la tradition s'affirme à travers la mélodie. Un rythme caractéristique, auquel s'adapte une déambulation chaloupée (allusion au cheminement vers la vie éternelle ?), ponctue le cortège à travers les rues de la ville depuis la maison du défunt jusqu'au lieu de culte. 
En accompagnement de la mémoire du disparu, la démarche de deuil rend d'abord hommage à la personne physique, avant de s'octroyer le devoir de souvenance,  qui sera plutôt celle de son âme. 
Honorer le trépassé dans sa hiérarchie, son rang social, jusqu'au-delà de la vie terrestre, est à la fois un besoin (une aide?) pour "ceux qui restent" et une mission; Même si l'on reconnaît une certaine  universalité de comportement devant la mort,  chaque civilisation, chaque peuple, chaque communauté, chaque individu a ses propres codes dans de telles circonstances. Le chagrin de la perte d'un être cher, qu'il fut célèbre ou non, aisé ou démuni, appelle toujours   une prise de conscience et  une réflexion (qu'elles soient collectives ou plus personnelles). 
La présence de la musique, lors des cérémonies funèbres,  fut longtemps limitée aux chants religieux dans l'enceinte même de l'édifice où elles se déroulaient. Peu à peu s'est instauré un autre mode: l'accompagnement musical du cortège (surtout si le défunt était musicien, et en fonction de ses dernières volontés). A l'époque contemporaine il est fréquent d'entendre un morceau de musique au cimetière,  au funérarium, au crématorium, lors d'obsèques civiles. 
Rappel: en France, depuis la fin du XIXe siècle (loi sur les libertés des funérailles - 15 novembre 1887) l'on peut choisir son mode de sépulture, si l'on est majeur. 
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000021810111
  L'une des plus connues (et des plus interprétées)   marches funèbres est celle composée par Frédéric Chopin en 1837 ( 3e mouvement de la sonate N° 2 de l'opus 35). On l'a jouée pour son propre enterrement (la tombe est  au cimetière du  Père Lachaise à Paris) 
A découvrir aussi cette  autre marche écrite par F. Chopin en 1827(marche N°2 de l'opus 72)

https://www.youtube.com/watch?v=f32VdR_4HuY 
Quelques cortèges funèbres  à la Nouvelle-Orléans :
-Juanita Brooks (1954-2009): chanteuse de jazz et de gospel  
https://www.youtube.com/watch?v=EG6KH905cGU
Allen Toussaint
- The tuba player Kerwin James (1972- 2007): membre du New Birth Brass Band ( à voir la vidéo  de la séance au Preservation Hall - New Orleans)
https://www.youtube.com/watch?v=krJW2qMVv4M
- Allen Toussaint (1938-2015) illustre pianiste, chanteur, compositeur, éditeur, arrangeur..   https://www.youtube.com/watch?v=nURb5geCD5w
- Danny Barker  (1909-1994) banjoïste , guitariste,chanteur
(Memorial parade) https://www.youtube.com/watch?v=XT-CZGgU6fY
 à écouter également : 
Michel Sardou : Preservation       
https://www.youtube.com/watch?v=Z72_xoIWZPc 
- Gilbert Bécaud : L'enterrement de Cornélius .

 ainsi que l'incontournable  "Just a closer walk with Thee" : (ici c'est la version traditionnelle puis la reprise en jazz  Wynton Marsalis, Eric Clapton,  and orchestra )
https://www.youtube.com/watch?v=q5krFNUMQHI 

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                                                                                à Alexandre  (septembre 1977- octobre 2009) R I P

vendredi 2 septembre 2016

L'âme de la lame

1890  -2016 : 126 ans d'existence,  et la célèbre marque a toujours de quoi couper .... la parole aux incrédulesqui pensent que les couteaux ne servent qu'à trancher la pitance. Or, par le respect de la tradition, celui du  savoir -faire, de  la technique maîtrisée, de la qualité du produit et de la fabrication,  le couteau: objet du quotidien, devient objet d'art.  L'une des  marques les plus représentatives de cet art de la coutellerie est la Maison OPINEL 
 ( rappel : Les Marques La Main Couronnée et Opinel  ont été déposées en 1909 )
L'un des descendants de cette belle dynastie implantée du côté de Chambéry : Maurice OPINEL, 88ans,  est décédé le 17 août 2016. Depuis quelque temps déjà son fils  Denis avait pris la relève à la tête de l'entreprise familiale.  Succès planétaire de ce célèbre couteau qui est devenu un nom commun puisqu'on le désigne sous l'appellation  "un Opinel".  

Chronologie sommaire

Coutelier, taillandier,  fabricant d'épée, émouleur, rémouleur...(revoir chaque définition, correspondant à un travail précis)  on pourrait penser que cela fait maintenant  partie des métiers anciens itinérants, ayant armoiries professionnelles et corporations,  que l'on croisait au coin d'une rue au XVIIIe siècle. Pourtant, ces métiers perdurent.  Travailler  le métal, lui faire prendre forme entre la forge, l'enclume, le trempage, le lustrage, c'est une symphonie polychrome: rouge, jaune, noir et gris argenté, d'où naît l'outil, sous les doigts habiles de l'artisan.Et l'actualisation du savoir-faire n'a pas connu de déclin, car l'adaptation s'est faite progressivement, en fonction des nouvelles machines et de certaines matières apparues récemment sur le marché. C'est ainsi que  ces professions sont toujours présentes aussi bien dans notre quotidien  que dans  les journées spécialement consacrées aux métiers d'art.
La gamme de variétés des  produits  est  très étendue,  car elle concerne maints secteurs de la vie courante: de la cuisine, au sport, de la couture à la coiffure, du bricolage à l'agriculture ..  La tradition (Us, superstitions,  et coutumes) a également laissé sa trace. Ne dit-on pas qu'il faut donner une pièce de monnaie lorsque l'on reçoit un couteau en cadeau? Ou:  qu'il ne faut pas croiser 2 couteaux sur une table?  Et que laisser tomber un couteau annonce une visite ?
http://www.un-couteau-pour-ma-cuisine.com/fr/couteaux-de-luxe-et-de-collection/article/offrir-des-couteaux-plus-qu-un-cadeau-une-tradition
 Sans oublier toutes les expressions qui reprennent le verbe "couper" ou le mot "couteau ":
Brouillard à couper au couteau, couper les cheveux en 4, être un second couteau ...

Opinel :
- L'histoire d'une dynastie :
http://www.opinel.com/la-marque/histoire
- le Musée :
http://www.opinel-musee.com/ 
A lire:
- "Le coutelier" -Jean-François Hirsch (1980)
L'ouvrage de référence :
- "La coutellerie depuis l'origine jusqu'à nos jours " - Camille Pagé (1896)
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5606369b 
A visiter:  (en France)
- Musée de la coutellerie ( Thiers)
http://www.ville-thiers.fr/Musee-de-la-coutellerie-51
- Musée de la coutellerie (Nogent)
http://musees-de-france-champagne-ardenne.culture.fr/coutellerie.html
- Laguiole :
http://www.layole.com/4-laguiole-pliant-abeille-forgee?gclid=CNWJuIPK6c4CFeIp0wodPk4P9A 
 (en Allemagne) :
 Deutsches Klingenmuseum (Musée Allemand de la Coutellerie) Solingen
http://www.klingenmuseum.de/_deutsch/dkm/homepage/franzoesische-information.html 
Sheffield:
http://www.sheffield-gb.com/
A écouter: 
- Michaël Bublé < Mack the knife >
https://www.youtube.com/watch?v=EwcaTlsR6YM
                                           *                *                *

 Noël-Paul Marti, coutelier-taillandier (pendant 60 ans à Narbonne, puis à Junas), a tenu, en 1986,  le rôle du rémouleur dans le film "Jean de Florette" - scène du marché tournée à Sommières (Gard)
https://www.youtube.com/watch?v=nGSs2o0lo00
Paul Marti (1912-1999)©
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lundi 15 août 2016

Le dernier clic de Bill Cunningham

A New York, le 25 juin 2016,  le célèbre photographe Bill Cunningham (âgé de 87 ans, né à Boston en 1929) rangeait définitivement son appareil de photo. L'homme d'images de mode était aussi  photographe de rue (street photographer). "Il faut sortir, et laisser la rue vous parler " .
 Ses nombreux clichés ont fait sa réputation, et son allure de cycliste en veste bleue  était immédiatement reconnaissable. 
Si " Look and fashion" fut l'une de  ses inspirations,   la vie citadine avec ses passants et ses travailleurs l'ont également fasciné. Portraits pris sur le vif, anonymes dans leur quotidien  urbain, ou mannequins  de mode prenant la pose : chaque sujet retenait l'attention de l'homme à l’œil d'expert, à condition de reconnaître, dans son modèle à photographier, une certaine originalité de mise vestimentaire ou  (et)  une  authentique personnalité.  Pendant près de quatre décennies B. Cunningham a travaillé pour The  New York Times, avec la rubrique "on the street".
montage-photo : N-L. M.
L'artiste a certes conquis ses galons et sa renommée planétaire, mais l'individu lui-même se voulait modeste et discret, acceptant peu souvent les honneurs (chevalier de l'ordre des Arts et Lettres en 2008), les prix, les mondanités, le train de vie luxueux. Aimant se déplacer à bicyclette, il a été maintes fois (une trentaine au moins) victime de vols de ce moyen de locomotion très écolo.     
William John Cunningham, américain d'origine irlandaise, fut à la fois une véritable légende de son vivant, car c'était un homme d'instinct qui a su avoir de l'intuition, et même être à l'avant-garde en étant le pionnier du genre dans sa discipline: le cliché quasi-instantané.
montage-photo : N-L. M.
Fan de style, de la mode vestimentaire en perpétuelle évolution (même si certains disent:  renouvellement) B. Cunnigham a su repérer des êtres d'exception comme le créateur de Haute Couture  Azzedine Alaïa, la fabuleuse créatrice et décoratrice   Iris Apfel.
A lire :
http://www.lexpress.fr/styles/mode/bill-cunningham-pere-new-yorkais-du-streetstyle_1028084.html
Documentaire :
Bill Cunningham New York (Richard Press- 2011)
Vidéo Iris Apfel :
https://www.youtube.com/watch?v=Fo8jwJ_2l0c 
Galerie  Azzedine Alaïa (Paris) : 
- du 2 au 25 septembre 2016 :  "Claude Parent,  comment dessiner la mode "
- du 11 nov 2016 au 1er janvier 2017 exposition "Entre l'art et la mode " (œuvres de la collection photographique de Carla Sozzani)



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vendredi 12 août 2016

Vincent Batbedat chez Goya

 La préfecture  tarnaise offre un cadre à une partie de  l’œuvre du landais  Vincent BATBEDAT, (1932-2010)  pour une exposition temporaire, en forme de rétrospective (de 1955à 2010), au musée Goya.  du 1er juillet au 30 octobre 2016:"La feuille, la plume, et le métal" .
Exigence affirmée, force, indéniable esthétisme, verticalité ..:  l'impact est aussi fort qu'efficace car l'artiste est loin de laisser  indifférent.

La réussite de l'entreprise revient  au  grand talent de M. le Conservateur en chef des Musées de Castres  : Jean-Louis  Augé . Car c'est avec autant d'enthousiasme que  de professionnalisme qu'il a su mettre en espace et en valeur le travail de V. Batbedat.
Montage-photos N-L.M.
Certes, on ne dira jamais assez l'importance des carnets contenant les  notes personnelles qui contribuent à faire mieux connaître la genèse des œuvres  des artistes plasticiens. C'est donc  aussi de  cette précieuse base d'informations   que J-Louis Augé a tenu compte.  L'exposition laisse  percevoir avec pertinence le parcours  professionnel de l'artiste . En effet, plusieurs techniques (gravure, impression,écriture, peinture, sculpture.), maints formats ( de l’œuvre monumentale au fin bijou)   ont été abordés et maîtrisés tout au long de sa carrière. Plusieurs matières (acier, pierre, bronze..) furent travaillées, explorées, éprouvées,  afin d'être employées au mieux dans un rendu exceptionnel. De multiples inspirations  sont perceptibles : la culture pré-colombienne, celle de l'Egypte antique, l' art Africain, et Asiatique, ainsi que des influences plus contemporaines : Le Corbusier, Vasarely., mais aussi, dans un autre domaine: Michel Seuphor..
Appartenant au mouvement Co-mo (constructivisme et mouvement), Vincent Batbedat
a pu laisser libre cours à maintes facettes de sa forte  personnalité, et de son art, par l' élan créatif et la verticalité résolument positive,la  spiritualité et la  richesse du style, la géométrie décorative (en tri dimension)  et la  maîtrise exceptionnelle de la lumière, le mouvement imposé à la matière et l'écriture sensible poético-expressive..
 Le souffle du talent, dans  l'art contemporain, n'est pas une évidence  automatique. Seuls, quelques grands maîtres ont réussi le pari de la  continuité de la création,  dans le cours des siècles. S'attaquer à la nouveauté comporte des risques. Il faut innover, parfois bousculer les codes esthétiques en place, pour imposer un style, trouver la voie qui fera école, et qui récoltera l'adhésion du grand public.  Avec V. Batbedat, c'est la démarche fantastique d'un talent créatif  multiforme, qui a sublimé ce défi à la postérité.
photo C.V.



Pour plus de renseignements :
- site officiel de l'artiste :
http://www.batbedat-sculpteur.com/
- le Musée Goya  -hôtel de  ville- Castres : 
http://www.musees-midi-pyrenees.fr/musees/musee-goya-musee-d-art-hispanique/
- visites guidées :
http://www.musees-midi-pyrenees.fr/musees/musee-goya-musee-d-art-hispanique/autres-evenements/visites-guidees-de-l-exposition-vincent-batbedat-20160701/
- Michèle Broutta  (galerie, présentation de l'exposition , interview de M; Broutta et V.Batbedat)
https://www.youtube.com/watch?v=OxKYOJe8YWI
- Conférence:
"L'oeuvre sculptée et dessinée de Vincent Batbedat "
par Lydia  Harambourg (présidente de l'association des amis de V. Batbedat)
le jeudi 29 septembre 2016 à 18 h 30 au musée Goya  à  Castres


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mardi 2 août 2016

L'eau verte du canal du Midi ....

1666-2016: depuis trois siècles et demi, l'eau a coulé sous les ponts, et l’ouvrage du baron de Bonrepos  relie toujours l'Atlantique (par la Garonne)  à la Méditerranée. Quelques chiffres attestent la grandeur de la réalisation:
- 1789: le "Canal Royal en Languedoc"est  rebaptisé " Canal du Midi "  au temps de la Révolution.
- 1666:  début des travaux (édit royal , autorisation de Colbert en octobre)
- 1681: canal inauguré en mai par Daguessau
- 189 m : le Seuil de Naurouze est le point le plus élevé du trajet du  Canal.
-  63 écluses, 1 tunnel, 55 aqueducs, 126 ponts,  et 7 ponts-canaux ponctuent le parcours
- 1996 : inscription sur la liste du patrimoine mondial (UNESCO)
- 12 000 ouvriers (au total) ont travaillé sur les divers  chantiers du canal

Pierre-Paul Riquet (1609-1680): fermier général des Gabelles du Languedoc, titré Baron de Bonrepos en 1666. Il est "l'homme du canal". Il a réalisé ce projet dont d'autres prédécesseurs avaient une vague idée, quelques siècles avant lui. Dès 1662 , dans une missive adressée à Colbert, il est question du canal. Plusieurs difficultés sont avancées : l'alimentation en eau (réservoir, rigoles, bassins...), le financement des travaux de creusement, l'accord du Roi. Lorsque la décision fut acceptée, il  fallut également faire face à diverses embûches (trahisons?) de la part de certains collaborateurs.  Durant les années de labeur nécessaires pour réussir cette colossale entreprise,  P-P. Riquet s'est fortement impliqué de façon personnelle, y compris financièrement, sans perdre de vue la réalité des conditions de travail des ouvriers du chantier.Il meurt, endetté, quelques mois avant de voir la fin de ce gigantesque ouvrage et sa mise en service. Ses héritiers ne viendront à bout de la créance qu'en 1724.
Le château :
http://www.bonrepos-riquet.fr/Pierre-Paul-Riquet-Baron-of.html 
A lire : 
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/124000315.pdf

Le rôle du canal du Midi dans les  enjeux économiques, militaires,  et politiques :    Souhait royal , ce canal,  de 241km de long, est à usages multiples . C'est une   "Jonction entre les 2 mers ", une voie de communication (relais entre voies navigables existantes, barques de postes pour le courrier...) , un
  moyen d'acheminement des marchandises(le blé, le vin...) et des passagers (il faut compter 4 jours de voyage pour se rendre de Toulouse à Sète), le  lien entre Marseillan, près de  Sète (orthographié Cette jusqu'en 1927, ville   méditerranéenne dont le port fut créé en 1666 par la volonté de Louis XIV, avec la mise en œuvre de P. Paul Riquet) et Toulouse ( puis Bordeaux, par la Garonne). Le canal fut aussi l'un des principaux vecteurs de l'expansion d'une région: le Languedoc.  
Canal du Midi à Argeliers (Aude)
Le canal aujourd'hui :
- Il est un haut lieu du tourisme contemporain,  à pied, en vélo, en bateau (péniches et autres) .
- Ses rives sont courues par des inconditionnels venus de tous horizons.(environ 2,5 millions de touristes)
- Parmi les 43 000 arbres qui se mirent dans son cours, les platanes ont eu à pâtir récemment pour cause de maladie (le champignon du chancre coloré)  et certains d'entre eux (5800 en tout, sur 20 ans) sont et seront  remplacés par   des chênes chevelus, des micocouliers, des érables planes, des tilleuls à grandes feuilles, des peupliers blancs, des pins parasols.

A Narbonne près du canal de la Robine



                                 




Flâner sur les bords  du Canal du Midi, ou naviguer sur son onde miroitante, c'est aller à la rencontre d'une promenade poétique, aussi romantique que  colorée. Car,  si l'irremplaçable chanteur Claude Nougaro a évoqué avec talent l'eau verte du Canal,  Toulouse: la ville rose et ses violettes,  on peut aussi ajouter à la liste :  l'azur du ciel Sétois, les toitures grises argentées de la cité de Carcassonne, la rousseur du feuillage automnal des arbres ponctuant le sinueux parcours, et,  dans la lumière d'un couchant  estival, la blondeur des pierres des ponts enjambant le ruban aquatique, ..
A écouter :
https://www.youtube.com/watch?v=BCYo4a0DHJM
Pour en savoir plus :
Christian Salès :et Philippe Calas : DVD  Canal du Midi
http://www.canalmidi.com/DVD.html
http://www.groupe-oc.com/fr/
http://www.groupe-oc.com/fr/groupe/category/11-le-reve-de-riquet

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jeudi 21 juillet 2016

Sheila Hicks : la belle américaine haute en couleur

"Dérouler le fil de l'existence" n'est pas qu'une expression orale pour l'artiste américaine: 

                                           Sheila HICKS .  
En cette année 2016, du 13 septembre au 17 décembre,  à Paris, la capitale française  offre au public l'occasion d'admirer les créations de la plasticienne, en 3 lieux :
- de septembre à octobre,   au Musée Carnavalet
- en octobre, dans plusieurs vitrines parisiennes
- en décembre,  dans l' atelier-décor de l'artiste à Nanterre -Amandiers

    Apprentissages
3 temps, 3 espaces, 3 raisons de s'émouvoir et de tisser des liens avec une expression aussi ethnique que technique. L'art des Parques a très tôt attiré Sheila Hicks . Née en 1934 au Nebraska, elle fut élève à la Yale school of Art and architecture et a  suivi les cours de  G. Kubler et de J. Albers. Elle a tiré grand profit de ces enseignements exceptionnels . Elle s'installa à Paris, 30 ans plus tard.   C'est par la culture amérindienne  qu'elle découvrit l'importance de  la matière : laine brute, coton,  puis vint l'intérêt pour le travail de  la soie  De 5 années passées au Mexique, elle a engrangé, retenu, de fortes impressions visuelles polychromes, des savoirs ancestraux des tisserands locaux , et  les a utilisés comme  base d'un rendu hautement créatif et d'une adaptation  très personnelle. Elle a rédigé une thèse sur les textiles pré Incas.

En rideaux, suspensions, alignements, nœuds et tressages,  l'artiste se crée  un univers en 3D, entre sculpture et tapisserie,  de fils, de  textiles, d' écheveaux, de pelotes, dont les enchevêtrements ont à la fois une grande valeur, et une signification, symboliques.. Sheila Hicks , à l'art textile maîtrisé, expose ses créations en maints lieux, depuis 1961, parmi lesquels on peut citer : le Grand palais ( Paris 1972) , l'Israël Muséum ( Jérusalem 1980), The Seoul  Art Center, Korea, Kajima, Tokyo,(1991)...
L'un de ses ouvrages les plus célèbres : 
le rideau du théâtre du Kiryu Cultural  Center de Gumma (Japon 2001) -illustration ci-dessus-


L'origine de la pratique du tissage  remonte à plusieurs millénaires. On peut rencontrer, dans certains Musées,  des restitutions d'antiques et rudimentaires métiers à tisser faits de bois assemblés en cadre qui sert de support aux fils pour le  travail du tissage. On a pu également noter trace de ces techniques en peinture, sur des manuscrits, ou en décor sur des poteries.Si les motifs et les jeux des teintes employées relèvent le plus souvent de la pure création artistique personnelle, on sait que certains de ces assemblages colorés déterminent un clan, une tribu, une ethnie, en correspondance avec une époque précise . Ce qui permet une datation, une localisation, ou une meilleure connaissance d'éventuels échanges commerciaux, ou de savoir-faire.



site de l'artiste:
 http://www.sheilahicks.com/

-Exposition : Apprentissages :
http://www.festival-automne.com/uploads/seasonfiles/Programme_2016_08.05_BD_2.pdf 

 - Article :
http://www.demischdanant.com/attachment/en/56d6d38084184e03128b4568/News/56d6d3c884184e03128b5cd8

- A lire aussi sur ce même blog :
http://international-culture-blog.blogspot.fr/2015/04/faire-tapisserie.html

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