lundi 15 août 2016

Le dernier clic de Bill Cunningham

A New York, le 25 juin 2016,  le célèbre photographe Bill Cunningham (âgé de 87 ans, né à Boston en 1929) rangeait définitivement son appareil de photo. L'homme d'images de mode était aussi  photographe de rue (street photographer). "Il faut sortir, et laisser la rue vous parler " .
 Ses nombreux clichés ont fait sa réputation, et son allure de cycliste en veste bleue  était immédiatement reconnaissable. 
Si " Look and fashion" fut l'une de  ses inspirations,   la vie citadine avec ses passants et ses travailleurs l'ont également fasciné. Portraits pris sur le vif, anonymes dans leur quotidien  urbain, ou mannequins  de mode prenant la pose : chaque sujet retenait l'attention de l'homme à l’œil d'expert, à condition de reconnaître, dans son modèle à photographier, une certaine originalité de mise vestimentaire ou  (et)  une  authentique personnalité.  Pendant près de quatre décennies B. Cunningham a travaillé pour The  New York Times, avec la rubrique "on the street".
montage-photo : N-L. M.
L'artiste a certes conquis ses galons et sa renommée planétaire, mais l'individu lui-même se voulait modeste et discret, acceptant peu souvent les honneurs (chevalier de l'ordre des Arts et Lettres en 2008), les prix, les mondanités, le train de vie luxueux. Aimant se déplacer à bicyclette, il a été maintes fois (une trentaine au moins) victime de vols de ce moyen de locomotion très écolo.     
William John Cunningham, américain d'origine irlandaise, fut à la fois une véritable légende de son vivant, car c'était un homme d'instinct qui a su avoir de l'intuition, et même être à l'avant-garde en étant le pionnier du genre dans sa discipline: le cliché quasi-instantané.
montage-photo : N-L. M.
Fan de style, de la mode vestimentaire en perpétuelle évolution (même si certains disent:  renouvellement) B. Cunnigham a su repérer des êtres d'exception comme le créateur de Haute Couture  Azzedine Alaïa, la fabuleuse créatrice et décoratrice   Iris Apfel.
A lire :
http://www.lexpress.fr/styles/mode/bill-cunningham-pere-new-yorkais-du-streetstyle_1028084.html
Documentaire :
Bill Cunningham New York (Richard Press- 2011)
Vidéo Iris Apfel :
https://www.youtube.com/watch?v=Fo8jwJ_2l0c 
Galerie  Azzedine Alaïa (Paris) : 
- du 2 au 25 septembre 2016 :  "Claude Parent,  comment dessiner la mode "
- du 11 nov 2016 au 1er janvier 2017 exposition "Entre l'art et la mode " (œuvres de la collection photographique de Carla Sozzani)



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vendredi 12 août 2016

Vincent Batbedat chez Goya

 La préfecture  tarnaise offre un cadre à une partie de  l’œuvre du landais  Vincent BATBEDAT, (1932-2010)  pour une exposition temporaire, en forme de rétrospective (de 1955à 2010), au musée Goya.  du 1er juillet au 30 octobre 2016:"La feuille, la plume, et le métal" .
Exigence affirmée, force, indéniable esthétisme, verticalité ..:  l'impact est aussi fort qu'efficace car l'artiste est loin de laisser  indifférent.

La réussite de l'entreprise revient  au  grand talent de M. le Conservateur en chef des Musées de Castres  : Jean-Louis  Augé . Car c'est avec autant d'enthousiasme que  de professionnalisme qu'il a su mettre en espace et en valeur le travail de V. Batbedat.
Montage-photos N-L.M.
Certes, on ne dira jamais assez l'importance des carnets contenant les  notes personnelles qui contribuent à faire mieux connaître la genèse des œuvres  des artistes plasticiens. C'est donc  aussi de  cette précieuse base d'informations   que J-Louis Augé a tenu compte.  L'exposition laisse  percevoir avec pertinence le parcours  professionnel de l'artiste . En effet, plusieurs techniques (gravure, impression,écriture, peinture, sculpture.), maints formats ( de l’œuvre monumentale au fin bijou)   ont été abordés et maîtrisés tout au long de sa carrière. Plusieurs matières (acier, pierre, bronze..) furent travaillées, explorées, éprouvées,  afin d'être employées au mieux dans un rendu exceptionnel. De multiples inspirations  sont perceptibles : la culture pré-colombienne, celle de l'Egypte antique, l' art Africain, et Asiatique, ainsi que des influences plus contemporaines : Le Corbusier, Vasarely., mais aussi, dans un autre domaine: Michel Seuphor..
Appartenant au mouvement Co-mo (constructivisme et mouvement), Vincent Batbedat
a pu laisser libre cours à maintes facettes de sa forte  personnalité, et de son art, par l' élan créatif et la verticalité résolument positive,la  spiritualité et la  richesse du style, la géométrie décorative (en tri dimension)  et la  maîtrise exceptionnelle de la lumière, le mouvement imposé à la matière et l'écriture sensible poético-expressive..
 Le souffle du talent, dans  l'art contemporain, n'est pas une évidence  automatique. Seuls, quelques grands maîtres ont réussi le pari de la  continuité de la création,  dans le cours des siècles. S'attaquer à la nouveauté comporte des risques. Il faut innover, parfois bousculer les codes esthétiques en place, pour imposer un style, trouver la voie qui fera école, et qui récoltera l'adhésion du grand public.  Avec V. Batbedat, c'est la démarche fantastique d'un talent créatif  multiforme, qui a sublimé ce défi à la postérité.
photo C.V.



Pour plus de renseignements :
- site officiel de l'artiste :
http://www.batbedat-sculpteur.com/
- le Musée Goya  -hôtel de  ville- Castres : 
http://www.musees-midi-pyrenees.fr/musees/musee-goya-musee-d-art-hispanique/
- visites guidées :
http://www.musees-midi-pyrenees.fr/musees/musee-goya-musee-d-art-hispanique/autres-evenements/visites-guidees-de-l-exposition-vincent-batbedat-20160701/
- Michèle Broutta  (galerie, présentation de l'exposition , interview de M; Broutta et V.Batbedat)
https://www.youtube.com/watch?v=OxKYOJe8YWI
- Conférence:
"L'oeuvre sculptée et dessinée de Vincent Batbedat "
par Lydia  Harambourg (présidente de l'association des amis de V. Batbedat)
le jeudi 29 septembre 2016 à 18 h 30 au musée Goya  à  Castres


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mardi 2 août 2016

L'eau verte du canal du Midi ....

1666-2016: depuis trois siècles et demi, l'eau a coulé sous les ponts, et l’ouvrage du baron de Bonrepos  relie toujours l'Atlantique (par la Garonne)  à la Méditerranée. Quelques chiffres attestent la grandeur de la réalisation:
- 1789: le "Canal Royal en Languedoc"est  rebaptisé " Canal du Midi "  au temps de la Révolution.
- 1666:  début des travaux (édit royal , autorisation de Colbert en octobre)
- 1681: canal inauguré en mai par Daguessau
- 189 m : le Seuil de Naurouze est le point le plus élevé du trajet du  Canal.
-  63 écluses, 1 tunnel, 55 aqueducs, 126 ponts,  et 7 ponts-canaux ponctuent le parcours
- 1996 : inscription sur la liste du patrimoine mondial (UNESCO)
- 12 000 ouvriers (au total) ont travaillé sur les divers  chantiers du canal

Pierre-Paul Riquet (1609-1680): fermier général des Gabelles du Languedoc, titré Baron de Bonrepos en 1666. Il est "l'homme du canal". Il a réalisé ce projet dont d'autres prédécesseurs avaient une vague idée, quelques siècles avant lui. Dès 1662 , dans une missive adressée à Colbert, il est question du canal. Plusieurs difficultés sont avancées : l'alimentation en eau (réservoir, rigoles, bassins...), le financement des travaux de creusement, l'accord du Roi. Lorsque la décision fut acceptée, il  fallut également faire face à diverses embûches (trahisons?) de la part de certains collaborateurs.  Durant les années de labeur nécessaires pour réussir cette colossale entreprise,  P-P. Riquet s'est fortement impliqué de façon personnelle, y compris financièrement, sans perdre de vue la réalité des conditions de travail des ouvriers du chantier.Il meurt, endetté, quelques mois avant de voir la fin de ce gigantesque ouvrage et sa mise en service. Ses héritiers ne viendront à bout de la créance qu'en 1724.
Le château :
http://www.bonrepos-riquet.fr/Pierre-Paul-Riquet-Baron-of.html 
A lire : 
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/124000315.pdf

Le rôle du canal du Midi dans les  enjeux économiques, militaires,  et politiques :    Souhait royal , ce canal,  de 241km de long, est à usages multiples . C'est une   "Jonction entre les 2 mers ", une voie de communication (relais entre voies navigables existantes, barques de postes pour le courrier...) , un
  moyen d'acheminement des marchandises(le blé, le vin...) et des passagers (il faut compter 4 jours de voyage pour se rendre de Toulouse à Sète), le  lien entre Marseillan, près de  Sète (orthographié Cette jusqu'en 1927, ville   méditerranéenne dont le port fut créé en 1666 par la volonté de Louis XIV, avec la mise en œuvre de P. Paul Riquet) et Toulouse ( puis Bordeaux, par la Garonne). Le canal fut aussi l'un des principaux vecteurs de l'expansion d'une région: le Languedoc.  
Canal du Midi à Argeliers (Aude)
Le canal aujourd'hui :
- Il est un haut lieu du tourisme contemporain,  à pied, en vélo, en bateau (péniches et autres) .
- Ses rives sont courues par des inconditionnels venus de tous horizons.(environ 2,5 millions de touristes)
- Parmi les 43 000 arbres qui se mirent dans son cours, les platanes ont eu à pâtir récemment pour cause de maladie (le champignon du chancre coloré)  et certains d'entre eux (5800 en tout, sur 20 ans) sont et seront  remplacés par   des chênes chevelus, des micocouliers, des érables planes, des tilleuls à grandes feuilles, des peupliers blancs, des pins parasols.

A Narbonne près du canal de la Robine



                                 




Flâner sur les bords  du Canal du Midi, ou naviguer sur son onde miroitante, c'est aller à la rencontre d'une promenade poétique, aussi romantique que  colorée. Car,  si l'irremplaçable chanteur Claude Nougaro a évoqué avec talent l'eau verte du Canal,  Toulouse: la ville rose et ses violettes,  on peut aussi ajouter à la liste :  l'azur du ciel Sétois, les toitures grises argentées de la cité de Carcassonne, la rousseur du feuillage automnal des arbres ponctuant le sinueux parcours, et,  dans la lumière d'un couchant  estival, la blondeur des pierres des ponts enjambant le ruban aquatique, ..
A écouter :
https://www.youtube.com/watch?v=BCYo4a0DHJM
Pour en savoir plus :
Christian Salès :et Philippe Calas : DVD  Canal du Midi
http://www.canalmidi.com/DVD.html
http://www.groupe-oc.com/fr/
http://www.groupe-oc.com/fr/groupe/category/11-le-reve-de-riquet

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jeudi 21 juillet 2016

Sheila Hicks : la belle américaine haute en couleur

"Dérouler le fil de l'existence" n'est pas qu'une expression orale pour l'artiste américaine: 

                                           Sheila HICKS .  
En cette année 2016, du 13 septembre au 17 décembre,  à Paris, la capitale française  offre au public l'occasion d'admirer les créations de la plasticienne, en 3 lieux :
- de septembre à octobre,   au Musée Carnavalet
- en octobre, dans plusieurs vitrines parisiennes
- en décembre,  dans l' atelier-décor de l'artiste à Nanterre -Amandiers

    Apprentissages
3 temps, 3 espaces, 3 raisons de s'émouvoir et de tisser des liens avec une expression aussi ethnique que technique. L'art des Parques a très tôt attiré Sheila Hicks . Née en 1934 au Nebraska, elle fut élève à la Yale school of Art and architecture et a  suivi les cours de  G. Kubler et de J. Albers. Elle a tiré grand profit de ces enseignements exceptionnels . Elle s'installa à Paris, 30 ans plus tard.   C'est par la culture amérindienne  qu'elle découvrit l'importance de  la matière : laine brute, coton,  puis vint l'intérêt pour le travail de  la soie  De 5 années passées au Mexique, elle a engrangé, retenu, de fortes impressions visuelles polychromes, des savoirs ancestraux des tisserands locaux , et  les a utilisés comme  base d'un rendu hautement créatif et d'une adaptation  très personnelle. Elle a rédigé une thèse sur les textiles pré Incas.

En rideaux, suspensions, alignements, nœuds et tressages,  l'artiste se crée  un univers en 3D, entre sculpture et tapisserie,  de fils, de  textiles, d' écheveaux, de pelotes, dont les enchevêtrements ont à la fois une grande valeur, et une signification, symboliques.. Sheila Hicks , à l'art textile maîtrisé, expose ses créations en maints lieux, depuis 1961, parmi lesquels on peut citer : le Grand palais ( Paris 1972) , l'Israël Muséum ( Jérusalem 1980), The Seoul  Art Center, Korea, Kajima, Tokyo,(1991)...
L'un de ses ouvrages les plus célèbres : 
le rideau du théâtre du Kiryu Cultural  Center de Gumma (Japon 2001) -illustration ci-dessus-


L'origine de la pratique du tissage  remonte à plusieurs millénaires. On peut rencontrer, dans certains Musées,  des restitutions d'antiques et rudimentaires métiers à tisser faits de bois assemblés en cadre qui sert de support aux fils pour le  travail du tissage. On a pu également noter trace de ces techniques en peinture, sur des manuscrits, ou en décor sur des poteries.Si les motifs et les jeux des teintes employées relèvent le plus souvent de la pure création artistique personnelle, on sait que certains de ces assemblages colorés déterminent un clan, une tribu, une ethnie, en correspondance avec une époque précise . Ce qui permet une datation, une localisation, ou une meilleure connaissance d'éventuels échanges commerciaux, ou de savoir-faire.



site de l'artiste:
 http://www.sheilahicks.com/

-Exposition : Apprentissages :
http://www.festival-automne.com/uploads/seasonfiles/Programme_2016_08.05_BD_2.pdf 

 - Article :
http://www.demischdanant.com/attachment/en/56d6d38084184e03128b4568/News/56d6d3c884184e03128b5cd8

- A lire aussi sur ce même blog :
http://international-culture-blog.blogspot.fr/2015/04/faire-tapisserie.html

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vendredi 8 juillet 2016

Archéologie du futur : que restera-t-il de nous ?

Depuis un peu plus d'un siècle l'homme se passionne de plus en plus  pour l'archéologie. Si les nombreux moyens d'investigations et de communications sont en cause, on peut également saluer les démarches de vulgarisation, d'enseignement, d'information qui contribuent à intéresser le grand public, et à créer des vocations chez les étudiants. Les expositions dans les musées (temporaires, permanentes), les visites commentées de chantiers (grâce à l'implication de l'Inrap), les campagnes de prospection et de préventions rencontrent un franc succès auprès d' une population avide de savoir comment vivaient ses ancêtres.
Inrap "Nous fouillons, c'est votre histoire"  :
http://www.inrap.fr/ 
(A voir sur ce site Internet la récente mise à jour  de l'église  la plus ancienne de Nîmes et de sa nécropole).
L'histoire de la Préhistoire, s'est construite, depuis la fin du XVIIe s.,  autour de grandes et belles personnalités  de scientifiques avisés. De Bernard de Montfaucon au Docteur Emile Marignan, on dénombre, en effet, maintes avancées théoriques et techniques (chronologie, stratigraphie étude des outils...)  qui ont littéralement  propulsé la discipline Préhistoire sur le devant de la recherche.
Parmi ces valeureux précurseurs, voici quelques noms  associés à leur thème respectif de travaux :
- Bernard de Montfaucon ( 1655- 1741) pour la paléographie
- Nicolas Mahudel (1673-1747)pour les divers âges de la préhistoire(âge de pierre, âge du fer...) 
- Jacques Boucher de Crèvecoeur dit "de Perthes" (1788-1868)pour la préhistoire en tant que science
- Jean-Baptiste Noulet (1802- 1861) pour l'homme fossile (1851)
- Jules-M G. de Christol (1802-1861) paléontologue, pour la création des Annales des Sciences du Midi 
- Paul Tournal ( 1805-1872) pour la fondation de la préhistoire scientifique et celle du musée et de la commission archéologique de Narbonne
- Casimir Picard (1805- 1841) pour l'étude typologique et technologique de l'outillage préhistorique ( pierre taillée, et pierre polie)  
- Emile Marignan (1847-1937) pour ses activités sur les chantiers de fouille ( sites:  d'Ambrussum, de St Pastour, de Canteperdrix...)


L'attachement  aux millénaires passés, à l'histoire collective de l'humanité avant l'Antiquité, a connu grâce à ces hommes un essor salutaire car il a permis des  actions  efficaces  dans  la poursuite actuelle des investigations, ainsi que la volonté  d'établissements muséaux  pour accueillir le matériel trouvé afin de le présenter au public.  
à lire : Mémoires de Préhistoriens
http://www.franceinfo.fr/emission/votre-france-info/2013-2014/votre-france-info-du-12-06-2014-06-12-2014-13-15 
et aussi la présentation de la conférence de Noël Coye
http://www.hominides.com/html/colloques-conference/prehistoire-fin-19eme-discipline-moderne-0802.php 
à  visiter:  le P.I.P. pôle international de la Préhistoire 
http://www.hominides.com/html/lieux/pip-pole-international-de-prehistoire.php 

Or, une  autre forme de raisonnement est en train d'émerger. Véritable réflexion profonde et pertinente sur le quotidien de l'homme du XXIe siècle, elle s'interroge sur les vestiges laissés aux générations futures, et surtout sur les hypothétiques interprétations données lors de la découverte de ces "traces de vie"(objets, outils, accessoires, parures, artefacts...)

Expositions: Futur Antérieur
Sous le titre général "Futur Antérieur, trésors archéologiques du XXIe s. ap. J-C" , une série d'expositions, créée par le musée romain de Lausanne -Vidy,  est proposée en divers lieux (en France, dans l'Aude: à  Fanjeaux (maison Gramont) , et  à  Bram (médiathèque, et parc des Essarts).  Sur l'affiche, l'emblème est représenté par une figurine en terre cuite, qui, de statuette décorative  de jardin, pourrait passer à la postérité  pour un Dieu Lare.
A voir aussi :
- Bram : le musée Eburomagus
 - Fanjeaux : les halles, l'église, la maison de St Dominique...
A savoir :
Le Centre d'Etudes Historiques de Fanjeaux a organisé son colloque  annuel du 4 au 7 juillet  (52 e édition en cette année 2016 - "L'église et la chair en France méridionale du XIIe au XVe s.")
- Le programme : http://fanjeaux.com/colloques.html
- Les cahiers ( publications) :
http://cahiersdefanjeaux.com/index.php 

- Lausanne : le musée romain
http://www.lausanne.ch/sous-sites/mrv.html


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vendredi 17 juin 2016

Shadoks au MIAM Sétois


Photo montage NLM
 Découvrir (ou revoir) les Shadoks :(les 2 premiers épisodes)pour rentrer dans leur univers
https://www.youtube.com/watch?v=6XlMTHVGhRA
Sont-ils jamais partis ? Les loufoques oiseaux, infatigables  maîtres de la Cosmopompe,  s'exposent au M.I.A.M. de Sète à partir du 18 juin  jusqu'au 6 novembre 2016 . Le titre de l'exposition, que l'on doit aux commissaires Norbert Duffort et Thierry Dejean,  en dit long en peu de mots :
" Shadoks ! Ga Bu Zo MIAM"


Parler de régression enfantine, de nostalgie,  sied bien aux blasés . Car,  ces fantasques dessins vedettes de la série éponyme "Les Shadoks" ( création française diffusée par l'ORTF de 1968 à 1973) ont fait les beaux soirs de téléspectateurs passionnés inconditionnels, toutes générations confondues. Il y eut certes des sceptiques, des moqueurs goguenards, imperméables à l'humour décalé, au burlesque et au 3e degré dans la symbolique. Qu'importent les fâcheux !  Les Shadoks ont laissé bien plus qu'une sonnerie caractéristique de trompette essoufflée dans les mémoires.
On doit la  genèse de l'aventure à quelques hommes au talent individuel aussi  incontestable  qu'à  leur remarquable  personnalité:
Jacques Rouxel

René Borg
Les créateurs dessinateurs Jacques Rouxel et René Borg ,  ont su proposer, et imposer,  un genre improbable dans le dessin animé mêlant humour et absurde, en  de courtes séquences diffusées à une heure de grande écoute ( avant le Journal Télévisé de 20 h). On entre, ou non, dans ce monde fictif et décalé, en laissant de côté la logique cartésienne à la française, afin de se détendre pour quelques minutes avant l'avalanche de Bad News qui émaillent inévitablement les chroniques de l'information télévisuelle. Ce fut au départ, un vrai défi à relever, car les téléspectateurs ne seraient peut-être pas au rendez-vous .. Pourtant ce fut le cas, et l'audience fut satisfaisante, La Shadoks aventure c'est aussi un environnement sonore. Tout d'abord : un générique ébouriffant, inattendu.. Là aussi des hommes furent à l’œuvre: Philippe Beetz Ted Scotto et Robert Cohen-Solal .
De la musique originale de Robert Cohen-Solal . et Philippe Beetz  (réalisateur), aux génériques de début et de fin, du compositeur :Ted Scotto ,  du bruitage ponctuant les faits et gestes, agrémentent ce petit feuilleton inédit.
Générique de début 
http://www.ina.fr/video/I09169819
Générique de fin :
http://www.deezer.com/track/1967284 
Musiques concrètes contemporaines créées  pour les Shadoks  (Robert Cohen-Solal )
http://fresques.ina.fr/artsonores/fiche-media/InaGrm00306/robert-cohen-solal-les-shadoks.html


 

Philippe Beetz
Ted Scotto
Robert Cohen-Solal

 
Claude Piéplu
Sur les dessins mis en images,  l'histoire des Shadoks est une narration  véritablement  interprétée. Et le souvenir des Shadoks est à jamais attaché aux intonations reconnaissables de la voix du comédien  Claude Piéplu, véritable "porte-parole" du récit ... Le texte lu , les situations, donnent lieu à plusieurs enseignements et réflexions, qui, si elles ne sont pas toutes frappées au coin du bon sens, induisent le sourire ou même, parfois,  une pensée plus profonde. Ainsi peut-on découvrir , au fil des épisodes, des maximes, des devises, exprimant la philosophie, l'art de vivre des oiseaux à longues pattes,  tout en  laissant poindre un certain profil psychologique,  même si les héros sont connus pour être dépourvus de bon sens .. ..Pourtant la communication entre eux est très limitée. Quatre syllabes constituent la  langue Shadokienne (Ga, Bu, Zo, Meu, donc dite Gabuzomeuze) et servent de chiffres pour les divers calculs,  y compris les plus sophistiqués, ceux-là mêmes qui sont utilisés par le professeur Shadoko, admirateur malchanceux (concurrent ??) de Léonard de Vinci et de ses inventions.
 On retrouvera, ultérieurement, cette  ambiance décalée dans le Muppet Show,  dont les fantaisies du trompettiste Gonzo rappellent quelque peu l'esprit de celles du générique des Shadoks
https://www.youtube.com/watch?v=h6crBhAANRg

 Il y eut également des adaptations internationales en 1971:

 - en anglais : " The Shadoks and the big blank"
-  en allemand : " Die Gibis und die Shadoks"
 Actualités : Outre l'exposition Sétoise,  Sébastien Denis (maître de conférences en cinéma à l'Université de Provence (Département SATIS) et chercheur associé au Laboratoire Communication et Politique du CNRS)    sur la station de radio :France Culture, propose, durant le mois de juin 2016, une série d'émissions en 5 volets
1- les sources littéraires.
2- les sources visuelles.
3- la musique des Shadoks
4- La France des Shadoks
5- Analyse sociologique d'une série unique
Pour naviguer sur le site :
http://www.franceculture.fr/emissions/un-autre-jour-est-possible/un-autre-jour-est-possible-lundi-13-juin-2016







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vendredi 10 juin 2016

Jean-Pierre Claris de Florian: un homme affable

La fable est un genre littéraire fort prisé des pédagogues et l'éducation en a fait, depuis longtemps,  large usage auprès des élèves. Cette formule (petit texte en vers,  nanti d'une morale) a ses Maîtres dès l'Antiquité.  Esope,  Phèdre, Avianus, Perrault, La Fontaine ...  mais, dans cette liste, étalée sur plusieurs siècles,   l'on oublie souvent Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794)



Né  dans le département actuel du Gard (au château de Florian à Logrian, baptisé à Sauve*),  à l'époque dite "des Lumières,  ce parent de Voltaire a  traversé les affres et les atrocités de la Révolution Française, à la fin de sa vie. L'écrivain  Claris de Florian fut  un parfait homme du monde dont on recherchait la compagnie et la conversation. Très tôt, il fréquenta les salons de la Bonne société , et y trouva de puissants appuis ( le duc de Penthièvre, la princesse de Lamballe..) dont les interventions   furent utiles pour sa carrière. Ainsi, il résida  souvent dans de prestigieuses demeures et put se livrer à la rédaction de multiples œuvres (pièces de théâtre, traductions, fables)  dont il lisait des extraits à l'aimable assistance pour animer des soirées mondaines teintées de la vivacité de l'esprit du temps.  

Cette vie, d'apparence facile et agréable, avait  néanmoins ses obligations (ses diverses affectations   militaires)  et ses soucis (les dettes de son père, son propre état de santé -J-P. Claris de Florian est mort de la phtisie-). Dans les moments difficiles (il a été emprisonné pendant quelque temps au moment de La Terreur) il a pu compter sur des amis  dévoués, notamment Rabaut Saint Etienne ,  François-Antoine de Boissy d'Anglas..
Pour la postérité le nom de Claris de Florian reste trop souvent attaché à un style d'écriture bien particulier, tout en légèreté, en "arlequinades", si l'on n'évoque qu'une partie de sa production littéraire (pièces de théâtre, comédies, pastorales). Cependant il ne faut oublier :
- les travaux de  traducteur (Don Quichotte - Cervantès- )
- l' abondante correspondance qui  renseigne sur les événements, les us et coutumes de son époque
- les romans historiques (Numa, Gonzalve de Cordoue)
- les poésies
- les fables 
- les essais, les nouvelles, les textes mis en chansons
- les contes
- les mémoires 
Reconnu par ses pairs, il fut reçu à l'Académie Française, où il prononça un discours de réception très remarqué (en 1788). Si l'influence voltairienne est décelable dans les écrits de Claris de Florian,  ainsi que les réminiscences de ses origines Sauvaines, on peut percevoir également la forte empreinte de l'homme de Ferney dans le parcours personnel du fabuliste. Et les Felibres  ont reconnu dans "Estelle et Némorin" (pastorale parue en 1788, extrait de  la Cansouneto )les accents et les formes d'une langue  languedocienne héritée des Troubadours.


(* lieu de naissance discuté :  Sauve ou Logrian )
Le cas de J-P. Claris de Florian n'est pas isolé. Combien d'écrivains , célèbres et fêtés durant leur existence, sont tombés dans un oubli injuste après leur disparition?  Seules, quelques citations, ont pu franchir les siècles de la postérité, et la plupart du temps, comme le dit la chanson de Trenet, on ignore l'auteur.. Cependant, d'autres (mais sont-ils vraiment chanceux?), ont connu la gloire posthume en étant méprisés leur vie durant.. C'est donc encore une fois le travail en bibliothèques, en archives, en recherches, qui permet la (re) mise en lumière de certains créateurs et de leurs œuvres. Alors,  commence le devoir de mémoire, de transmission, de rappel à la collectivité, afin que les chefs-d’œuvre puissent subsister et servir.

Ouvrages, sites, à consulter
- "Florian le fabuliste " (J-Luc Gourdin) - Ed Ramsay- 2002
- Le discours de réception à l'Académie Française

http://www.academie-francaise.fr/discours-de-reception-de-jean-pierre-claris-de-florian
- La fable et la Vérité
https://www.youtube.com/watch?v=I0EcKpsXW-M
- Plaisir d'amour  (sur une musique de J-P. Egide Martini -édité en 1784)
Interprété par Yvonne Printemps (1930)
https://www.youtube.com/watch?v=3DcQulcdQeQ
- Sceaux Institut Florian (Bibliothèque)
http://bibliotheque.sceaux.fr/opacwebaloes/index.aspx?IdPage=309

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